Mort d’un salarié sur le site KNDS de Bourges, une amende de 120.000 euros requise
Le procès de KNDS devant le tribunal correctionnel de Bourges s’est poursuivi tardivement, ce mercredi 14 octobre 2026, avec les plaidoiries des parties civiles et de la défense.
Le procès du missilier KNDS (anciennement Nexter Munitions) s’est poursuivi dans la soirée, ce mercredi 14 octobre 2026, après des débats chargés en émotion. Les plaidoiries ont été longues et houleuses. Le ton est monté, des yeux se sont levés, des larmes ont coulé. Un employé avait perdu la vie lors d’une manipulation de munition.
« Ses muscles, ses artères, ses nerfs ont été déchirés. Aujourd’hui, il est handicapé à vie. En deux ans et demi dans cette entreprise, il a perdu plus du tiers de ce qu’il était en y entrant. Ce n’est pas de cette vie-là qu’il avait rêvé en arrivant chez vous. »
« Il appartient à l’employeur de veiller à l’application constante des règles de sécurité, martèle l’avocat du trentenaire blessé. La faute de la victime ne peut pas vous exonérer. Elle ne fait que souligner la carence première de l’entreprise. »
Formés par les anciens
Tous les conseils des parties civiles ont pointé du doigt une culture d’entreprise où les employés se forment entre eux, sans que la hiérarchie n’intervienne pour faire appliquer les règles de sécurité. «
Et sa famille, qui demande simplement une explication, devra apprendre à vivre avec un mari qui n’est plus là, apprendre à vivre avec un père qui n’est plus là. »
La procureure de la République de Bourges, Céline Visiedo, espérait que cette audience soit « un lieu d’apaisement et de réponse ». Si la société est poursuivie uniquement en tant que personne morale, c’est pour « mettre en exergue qu’il s’agissait d’une transgression, au moins ponctuelle, de KNDS ».
« Des règles n’ont pas été respectées »
Avant ses réquisitions, elle a pointé une autonomisation beaucoup trop importante des salariés sur les essais de tir de munition. « C’est la spécificité de la munition qui a engendré la spécificité des manoeuvres. La faute de l’employé n’exonère pas l’employeur ».
Au cours de l’audience, le directeur général délégué de KNDS, Philippe Reynès, a évoqué à de nombreuses reprises une règle d’or en cas d’anomalie : arrêter l’essai et prévenir sa hiérarchie. Or, comme l’a souligné la procureure, il n’y avait pas d’anomalie à signaler puisque les deux opérateurs savaient déjà qu’il y avait un défaut de calibrage.
La manière de procéder au chambrage de cette munition spécifique « est contraire à tous les principes en matière de pyrotechnie », selon Me Potier, avocate de la défense. « Le pire aurait pu être évité. C’est complètement inexplicable au vu de l’expérience et de la compétence des opérateurs. Des règles n’ont pas été respectées. »
La procureure de la République de Bourges, Céline Visiedo, a demandé au tribunal de déclarer KNDS coupable des faits qui lui sont reprochés et a requis une amende de 120.000 euros. La défense a plaidé la relaxe.
La décision a été mise en délibéré au 2 décembre 2026, à 14 heures.


